Comment préserver les moulins de Montréal comme patrimoine culturel de la région

Autrefois, le Bas-Canada comptait environ 250 moulins à farine. Ces structures fonctionnaient grâce à l’énergie de l’eau ou du vent. Aujourd’hui, on peut compter les moulins encore existants au Québec sur les doigts d’une main. Découvrez comment ces témoins du passé ont été détruits, mais aussi comment, au prix d’efforts incroyables, on les restaure et les préserve en tant que patrimoine historique, sur montreal-name.com.

Les premiers moulins en Amérique du Nord

Les premiers colons ont apporté les moulins avec eux en Amérique du Nord, appliquant ici leur propre tradition technologique du moulin à vent. Tout a commencé dès 1675. À l’époque coloniale, les moulins étaient au cœur de la vie socio-économique. Les seigneurs avaient l’obligation d’en construire. C’est pourquoi aujourd’hui, aux côtés des manoirs et des églises paroissiales, les moulins occupent, parmi les vestiges de notre passé, la même place que les châteaux et les cathédrales médiévales de l’autre côté de l’Atlantique. Il n’est donc pas surprenant que les listes de monuments du patrimoine historique incluent toujours les quelques moulins à eau ou à vent qui ont survécu jusqu’à nos jours.

Et il n’en reste plus beaucoup. En 1974, on ne dénombrait plus que 20 moulins, dont seulement quatre étaient en état de fonctionner ou pouvaient l’être. La plupart de ces monuments culturels sont en ruines ou ont été détruits. Dans le meilleur des cas, un moulin a subi des transformations ou une restauration plus ou moins réussies.

Dans la vallée du Saint-Laurent, on rencontre deux types de moulins. Les plus courants sont les moulins à vent en forme de tour, bien plus nombreux que les moulins à eau. La structure classique du moulin et de ses mécanismes se présente généralement ainsi : le moulin avait une forme cylindrique. Cette tour était coiffée d’un toit conique en bardeaux, généralement en cèdre. Les murs étaient en maçonnerie et la charpente, en bois. Pour faire pivoter le toit et orienter les ailes face au vent, on utilisait un long timon. Le bâtiment comptait habituellement trois étages et abritait un treuil, des meules et un monte-charge. Le principe de fonctionnement était le suivant : une grande roue dentée, fixée à l’arbre, était actionnée par les ailes extérieures. L’arbre vertical, à son tour, activait les meules sur lesquelles le grain était versé depuis une trémie. La farine moulue tombait ensuite en bas.

Le meunier Pascal Lachapelle

L’importance des moulins dans la vie économique de la région est bien illustrée par l’histoire de la construction du pont Lachapelle en 1834. Deux meuniers concurrents, Pascal Lachapelle et Lambert Dumont, transportaient leurs clients de l’autre côté de la rivière des Prairies jusqu’à leurs moulins respectifs à l’aide de bacs tirés par des chevaux. Mais un jour, Pascal Lachapelle a demandé aux autorités locales l’autorisation de construire un pont sur la rivière. Un pont en bois a donc été érigé jusqu’à l’île où se trouvait son moulin du Gros-Sault. La construction, qui a duré deux ans, a coûté 8 300 dollars à Lachapelle. Cependant, grâce à ce pont à péage, il n’avait plus besoin d’utiliser le service de traversier, réglant ainsi la question de l’accès pour ses clients. La concurrence était gagnée.

Comment préserver le patrimoine historique

L’Isle-aux-Coudres est le seul endroit au Québec, et peut-être même dans tout le Canada, où l’on peut voir à la fois un moulin à eau et un moulin à vent. Le moulin à eau de l’île date de 1825, et le moulin à vent, de 1836. Dans la région de Charlevoix, les moulins avaient cessé de fonctionner dès 1948. Cependant, à partir de 1982, les résidents locaux ont remis certains d’entre eux en activité. Grâce à l’énergie de l’eau et du vent, ils peuvent produire jusqu’à 250 kg de farine par heure. Les touristes sont invités à les visiter et même à acheter la farine produite par le meunier.

Mais le sort des moulins n’a pas toujours été aussi heureux. Le moulin caché derrière un salon funéraire à Pointe-aux-Trembles était en très mauvais état, complètement abandonné. Heureusement, cette histoire a une fin heureuse. Le bâtiment du salon funéraire a été racheté et le moulin, restauré. Construit en 1719, il a vu travailler dix meuniers et fait incontestablement partie du patrimoine culturel de Montréal.

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