De septembre 1989 à juin 1990, l’administration municipale de Montréal, sous la direction du maire de l’époque, Jean Doré, a collaboré avec l’équipe du Jardin botanique pour créer une plage au parc Jean-Drapeau, offrant ainsi un lieu de baignade en plein cœur de la ville. Le design paysager a été confié à l’architecte paysagiste Frederick Gage Todd. Jean Doré s’est personnellement beaucoup investi dans ce projet, le supervisant de près. Ce n’est donc pas un hasard si, en 2015, pour célébrer son 25e anniversaire, la plage du parc Jean-Drapeau a été rebaptisée en son honneur pour devenir la Plage Jean-Doré. Pour en savoir plus sur l’une des plages les plus vastes et populaires de la métropole, rendez-vous sur montreal-name.com.
Une plage au cœur d’un écosystème

L’administration municipale de l’époque a pris ce projet très au sérieux. La plage est devenue bien plus qu’un simple lieu de baignade ; elle a été dotée d’un véritable écosystème. L’eau, pompée depuis le fleuve Saint-Laurent, est purifiée par un système de filtration naturel composé de 120 000 plantes aquatiques, telles que des quenouilles, des roseaux, des iris versicolores ou encore du cresson. Ces plantes sont réparties dans des marais et trois bassins successifs. Avec des niveaux d’eau variables, ces bassins ralentissent considérablement le courant, si bien que l’eau met plus de deux jours pour atteindre sa destination finale. Des filtres à sable et un traitement aux ultraviolets prennent ensuite le relais pour parfaire le processus, garantissant une eau de qualité exceptionnelle pour les baigneurs.
Ce secteur de l’île Notre-Dame n’accueille pas seulement les nageurs de tous horizons ; il abrite également un écosystème d’une grande biodiversité. Outre les innombrables espèces végétales, on y trouve des canards, une quantité impressionnante d’oiseaux, des marmottes et même des renards. En chiffres, le lac s’étend sur plus de 122 000 m², dont plus de 15 000 m² sont exclusivement dédiés à la baignade. La plage elle-même mesure 600 mètres de long sur 25 mètres de large. Plus de 30 000 tonnes de sable y ont été apportées. Côté végétation, l’écosystème est enrichi de plus de 500 arbres et 2 500 arbustes.
L’initiateur et l’âme de ce projet, Jean Doré, est né le 12 décembre 1944 à Montréal. Il a étudié le droit à l’Université de Montréal avant de devenir avocat. Excellent communicateur, il a débuté une carrière de journaliste à Radio-Canada en 1970. Très sensible aux questions sociales, il a été membre de la Fédération des associations coopératives d’économie familiale et de la Ligue des droits et libertés.
En 1974, Jean Doré a été l’un des cofondateurs du Rassemblement des citoyens et des citoyennes de Montréal (RCM).
Jean Doré, un maire qui aimait Montréal

Après un premier mandat couronné de succès, Jean Doré a été réélu pour un second, servant comme maire de 1986 à 1994. C’est durant son second mandat que Montréal a vu naître le Jardin de Chine et le Biodôme, deux installations rapidement devenues très populaires. Malgré les efforts déployés pour relancer le dynamisme économique de la ville, le contexte général était peu favorable. À l’automne 1994, Jean Doré a été défait par Pierre Bourque.
Néanmoins, la plage publique de l’île Notre-Dame, achevée et ouverte au public en juin 1990, a toujours été étroitement associée à Jean Doré, qui, avec son administration, en aurait eu l’idée originale. Dès son inauguration, cette étendue de sable d’un kilomètre sur les rives du bassin olympique a été affectueusement surnommée la « Plage Doré », un nom popularisé par les journalistes couvrant l’actualité municipale, mais aussi rapidement adopté par les Montréalais eux-mêmes.
C’est ainsi qu’en 2015, la plage du parc Jean-Drapeau a été officiellement renommée Plage Jean-Doré. Le maire de l’époque, Denis Coderre, avait annoncé son intention de demander l’autorisation de ce changement de nom à la Commission de toponymie du Québec. La proposition avait déjà été approuvée par l’arrondissement de Ville-Marie, qu’il représentait, ainsi que par le chef de l’opposition d’alors, Richard Bergeron. Denis Coderre avait également promis d’envisager de nommer une rue ou un parc en l’honneur de l’ancien maire.
Comme il l’a expliqué plus tard, ce geste était naturel, d’autant plus que les Montréalais appelaient déjà cet endroit la « plage Doré » depuis longtemps. Pour Denis Coderre, c’était aussi une manière de dire à Jean Doré de ne pas baisser les bras et de lui montrer que les Montréalais étaient avec lui. En effet, Jean Doré, alors âgé de 69 ans, venait d’apprendre qu’il souffrait d’un cancer du pancréas incurable et avancé, sans avoir présenté de symptômes auparavant. Denis Coderre a souligné qu’il se souvenait de l’homme du Rassemblement des citoyens de 1986, celui qui avait rouvert l’hôtel de ville aux citoyens, et pas seulement pour les grandes occasions. Les Montréalais lui sont reconnaissants d’avoir ramené la démocratie citoyenne dans la métropole.
La plage au nom de Jean Doré

Il est à noter que les règles de toponymie de Montréal stipulent qu’un délai d’au moins un an après le décès d’une personne doit être respecté avant qu’un lieu puisse être nommé en son honneur, une règle qui a été exceptionnellement assouplie dans ce cas.
Pendant son administration, Jean Doré n’a pas seulement créé une plage populaire. Il a notamment supervisé la transformation du Vélodrome en Biodôme, impulsé le développement du Jardin de Chine au Jardin botanique et soutenu l’ouverture du musée d’archéologie et d’histoire Pointe-à-Callière. Quant à la plage, elle demeure aujourd’hui un lieu idéal pour les amateurs de baignade, avec une vaste zone de 15 000 m² pour nager, se rafraîchir et s’amuser dans l’eau.
La plage est également conçue pour offrir un accès facile à la nature : un endroit pour jouer sur le sable doré, se promener au soleil, se détendre à l’ombre des arbres et profiter d’un moment de quiétude en plein air. L’équipe du parc Jean-Drapeau s’engage à maintenir une qualité d’eau exceptionnelle et un sable impeccable, nettoyé quotidiennement. L’objectif est d’offrir une expérience nature inoubliable à quelques minutes seulement de l’agitation de la grande ville.
Que l’on vienne en famille, entre amis ou même seul, la Plage Jean-Doré fait le bonheur des petits et des grands tout au long de l’été. L’équipe veille à offrir une baignade agréable et sécuritaire, avec des règles adaptées à chaque type de visiteur pour que chacun puisse passer un bon moment sans risque.
Tous à la plage !

Les activités ne manquent pas. Par exemple, la planche à pagaie, plus souvent appelée SUP (Stand Up Paddleboard), est un sport nautique ludique et accessible qui gagne en popularité au Québec grâce à ses nombreux lacs et rivières. La grande stabilité de la planche attire de nombreux adeptes. Sur la Plage Jean-Doré, beaucoup de passionnés de bien-être profitent de leur planche pour pratiquer le yoga, faire des exercices ou même méditer sur l’eau.
Le parc Jean-Drapeau est l’endroit idéal pour s’évader sans quitter Montréal. On peut bien sûr profiter des eaux calmes du lac à la Plage Jean-Doré, mais il est aussi possible d’explorer la magnifique boucle des lagunes qui entoure les Jardins des Floralies. C’est l’option parfaite pour ceux qui cherchent une activité insolite, loin de l’ambiance animée de la plage, ou qui veulent simplement essayer un nouveau type d’embarcation.
Protégée du vent par une bande de végétation, l’eau du lac à la Plage Jean-Doré est presque toujours calme, ce qui permet de naviguer en toute sécurité et sans s’épuiser. On peut se déplacer librement entre la zone de baignade de la plage et le Casino de Montréal, ou encore partir à la découverte du centre de l’île Notre-Dame.
Alors, pourquoi ne pas essayer cette activité nautique simple et agréable, en famille ou entre amis, lors d’une belle journée d’été ?
