Le frère Marie-Victorin est botaniste et l’inspirateur de la construction du Jardin botanique de Montréal

Né en 1885, Conrad Kirouac, plus connu sous le nom de frère Marie-Victorin, était un botaniste passionné et membre des Frères des Écoles chrétiennes. Il a publié en 1935 « La Flore laurentienne », un ouvrage considéré comme une référence incontournable sur la flore de tout le Québec. Pour en savoir plus sur la vie et l’œuvre du frère Marie-Victorin, rendez-vous sur montreal-name.com.

La communauté des Frères des Écoles chrétiennes

Il est entré très jeune dans la communauté des Frères des Écoles chrétiennes, un ordre dédié à l’éducation publique des élèves du primaire et du secondaire. Dès l’âge de seize ans, il a enseigné diverses matières dans les établissements de son ordre. Son intérêt précoce pour les sciences lui a fait remarquer un véritable retard dans ce domaine chez ses collègues francophones, qui se consacraient principalement aux humanités gréco-latines. Voyant le monde changer rapidement, le jeune enseignant a voulu sortir les Canadiens français de leur isolement. Il aspirait à les intéresser aux avancées scientifiques et aux savoirs techniques qui en découlaient. C’est ainsi que le professeur de théâtre est devenu professeur de mathématiques.

Grâce à ses publications et à ses activités au sein des Cercles des Jeunes Naturalistes, Marie-Victorin est devenu une véritable vedette. Bien qu’autodidacte, il a été nommé premier titulaire de la chaire de botanique de la nouvelle Université de Montréal en 1920. En 1923, il a participé à la fondation de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas). En 1929, il a été délégué par l’Université de Montréal à un congrès de l’Association britannique pour l’avancement de la science en Afrique du Sud. Marie-Victorin a profité de l’occasion pour visiter les jardins botaniques des grandes villes d’Europe et d’Afrique. Il en est revenu avec la conviction que Montréal devait avoir son propre jardin botanique. Ce fut le début d’une longue bataille qui allait durer dix ans.

Montréal a besoin d’un jardin botanique

C’est le frère Marie-Victorin qui, en 1935, s’est adressé au maire Camillien Houde pour l’inciter à soutenir la création d’un jardin botanique. Son plaidoyer est resté dans les annales de Montréal. Il a écrit que le tricentenaire de la ville approchait et que, pour l’occasion, le maire devait faire à sa ville un cadeau, un cadeau royal. Mais comme Montréal, selon Marie-Victorin, est une femme – son premier nom étant Ville-Marie –, on ne pouvait lui offrir un poste de police. Le biologiste a donc suggéré au maire d’offrir des fleurs à cette ville-femme, de lui jeter dans les bras « toutes les roses et tous les lis des champs ». C’était sa manière poétique de suggérer la construction d’un jardin botanique.

C’est pourquoi beaucoup à Montréal considèrent que la construction du Jardin botanique de Montréal est avant tout son œuvre. Le frère Marie-Victorin était un homme déterminé. Ce botaniste éminent et grand pédagogue canadien-français souhaitait attirer l’attention de ses compatriotes francophones sur l’importance de la recherche scientifique, peu valorisée à son époque dans une société encore très traditionnelle.

Une merveille boréale

Le Jardin fut l’un des principaux fruits de cette mission à laquelle Marie-Victorin a consacré sa vie. Aujourd’hui, le Jardin botanique de Montréal, conçu par l’architecte paysagiste visionnaire Henry Teuscher, est parfois qualifié de « véritable merveille boréale ». Cette institution de renommée internationale allie la beauté de la nature à une vocation éducative, fidèle au projet de son premier architecte. C’est également une attraction touristique majeure de la métropole de Montréal.

Fidèle à sa vocation d’enseignant, le frère Marie-Victorin a veillé à ce que le Jardin ait une mission éducative et scientifique. En 1938, une école d’apprentissage de l’horticulture a été créée et des jardins scolaires ont été aménagés. L’année suivante, l’École de l’Éveil s’est installée au Jardin.

En 1943, Marie-Victorin a également élaboré un projet d’association officielle entre le Jardin et l’Institut botanique de l’Université de Montréal, mais sa mort accidentelle à l’été 1944 a mis un terme à ce projet.

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