Le barrage qui a changé le paysage

La centrale hydroélectrique de la rivière des Prairies, l’une des plus anciennes de la province de Québec, a été construite par la société Montréal Light, Heat and Power entre 1928 et 1930. Elle produisait de l’électricité après que la société Back River Power Company en ait obtenu les droits, en adaptant à cet effet le barrage nouvellement construit, malgré l’impact notable sur le paysage environnant dû à l’inondation des îles. 

Cela a constitué une étape clé dans l’électrification de Montréal et a provoqué certaines tensions dans les relations avec les habitants locaux. Mais aujourd’hui, nous ne parlerons pas de l’électrification de la métropole, mais plutôt du barrage et de son impact sur l’environnement. Pour plus de détails, rendez-vous sur montreal-name.com.

Contexte de la construction

La centrale hydroélectrique de La rivière des Prairies est située entre les rives de Laval et de Montréal. Cette rivière tumultueuse est la véritable colonne vertébrale de l’archipel de Montréal. Elle rappelle aux habitants de la métropole, en particulier à ceux qui vivent au nord, qu’ils sont de véritables insulaires. Cette rivière transportait ses eaux tumultueuses du lac des Deux Montagnes jusqu’au fleuve Saint-Laurent.

La rivière est longtemps restée une voie navigable importante, bien que difficile, tant pour les peuples autochtones que pour les colons qui sont arrivés ici, les chasseurs, les bûcherons, etc. Depuis l’embouchure de la rivière, il fallait franchir quatre rapides pour atteindre le lac Deux Montagnes. Ce n’était pas une entreprise sans danger. À partir des années 1615, de nombreuses personnes dignes d’intérêt qui voulaient coloniser ces terres en domptant la rivière ont péri ici.

Au tournant du XXe siècle, les premiers projets de construction d’un canal reliant Montréal à la baie Georgienne en Ontario ont vu le jour. Cette artère fluviale devait suivre l’ancienne route commerciale et déboucher sur Deux Montagnes, puis sur la métropole. Mais le potentiel économique de la rivière s’est avéré tout autre.

Jusqu’au XXe siècle, la force motrice des rapides permettait de construire ici des scieries et des moulins à farine. À partir des années 1910, des entreprises privées d’énergie hydroélectrique ont également voulu utiliser la force du courant de la rivière pour y construire des centrales électriques. Mais les municipalités et les habitants des zones côtières craignaient les conséquences de tels projets. Selon eux, non seulement les terres agricoles seraient inondées, mais la navigation serait également limitée et la pollution augmenterait en raison des eaux usées qui devaient être rejetées par plusieurs pipelines.

Confronté à des difficultés pour parvenir à un accord avec les municipalités et les habitants locaux, le directeur du service hydraulique de la Montreal Island Power Co. Arthur Amos a décidé de ne pas tenir compte de toutes les objections au projet, en définissant clairement son objectif principal : obtenir l’approbation du gouvernement provincial.

Le principal obstacle à la construction du barrage était les eaux usées qui étaient déversées dans la rivière Prairie et emportées par le courant, se diluant dans la rivière. Mais avec la construction de la centrale électrique, les eaux usées risquaient de stagner. Les autorités gouvernementales ont donc demandé à la Montreal Island Power Co. de consulter les municipalités afin de trouver une solution à ce problème. La construction d’une station d’épuration étant jugée trop coûteuse, un projet a été proposé pour regrouper les eaux usées dans un collecteur unique, qui serait déversé loin du futur réservoir.

Début des travaux

En fin de compte, en 1923, la société Montreal Island Power Co. obtient finalement l’autorisation de réaliser son projet. Le gouvernement est convaincu que la nouvelle centrale électrique favorisera le développement industriel de la région. Conformément aux usages de l’époque, la société obtient le droit d’utiliser les ressources en eau de la rivière Préri contre une redevance annuelle de 6 000 dollars pendant les 60 prochaines années.

Après l’annonce en 1923 de la signature d’un accord entre le gouvernement et la Montreal Island Power Co., le mécontentement a commencé à se répandre parmi la population. Le projet a donc été reporté de plusieurs années, laissant les habitants des deux rives dans l’incertitude, car ils  n’étaient pas vraiment informés des plans de construction. En 1928, lorsque la construction a finalement commencé, le mécontentement et l’inquiétude ont repris.

Cependant, en septembre 1828, la construction du barrage battait son plein. Selon les plans, il devait mesurer environ 700 pieds de long, 100 pieds de large et 70 pieds de haut. Sa construction a commencé sur là rive nord de la rivière, à deux miles à l’est du pont de Vio. L’installation comprenait dix générateurs d’une puissance de 12 000 chevaux chacun, qui, dans des conditions normales, fournissaient une puissance totale de 50 000 chevaux.

De plus, les générateurs devaient être disposés conformément aux exigences techniques sur toute la longueur du bâtiment, à une distance de soixante-dix pieds et demi les uns des autres. Le niveau de chute de l’eau devait varier de 18 à 26 pieds, ce qui devait avoir un effet positif sur le rendement.

À cette fin, un barrage en terre a été utilisé pour construire une île artificielle, qui a été reliée à l’île de Montréal par un barrage en béton traversant le bras de mer. De même, le long de la rive de Montréal, jusqu’au monastère du Sacré-Cœur, s’étendait une digue qui se terminait rue Saint-Charles. Le contrat pour l’exécution des travaux a été confié à la société Peter Lyall & Son Construction Co. Mais cette dernière a, à son tour, transféré une partie des travaux à une autre grande entreprise de construction, Gorman and Peckham.

Au début, seuls six des dix générateurs ont été installés. Trois d’entre eux ont été fabriqués par Dominion Engineering Works, et les trois autres par Canadian Allis-Chaliers. La société Dominion Bridge Company a fourni les structures en acier, les vannes, les portes d’écluse, les grues, etc. L’équipement électrique a été fourni par la société Canadian General Electric Company. Enfin, la société Power Corporation of Canada était responsable des plans et des devis, et supervisait la qualité des travaux.

Au moment du début des travaux, plus de 800 personnes travaillaient sur le chantier, les sous-traitants disposaient d’une main-d’œuvre importante et d’un équipement de qualité, ce qui a permis de commencer sans délai la construction d’un grand barrage en béton.

Problèmes pendant la construction

En ce qui concerne la construction du réseau d’égouts, qui a été un obstacle au début. Le contrat pour sa construction a été conclu avec la société Cook Construction. Mais certaines difficultés sont apparues. Les entrepreneurs ont affirmé que, comme le niveau de l’eau dans la rivière avait considérablement augmenté après le début de la construction du barrage, ils ne pouvaient pas construire le réseau d’égouts selon les plans initiaux. Mais ce n’étaient pas les seuls problèmes liés aux travaux de construction.

Au début de l’hiver 1929, en raison du mouvement des glaces sur la rivière Ottawa, près d’une des îles, le barrage a été complètement inondé. Cela a entraîné l’arrêt immédiat des travaux. Tout s’est passé alors que les ouvriers étaient au travail. Dès le matin, le niveau de la rivière a soudainement monté et, en peu de temps, a inondé les machines, les caissons et les turbines, paralysant ainsi l’ensemble du chantier.

Conséquences de la construction du barrage

Depuis lors, une fois le barrage construit, la rivière des Prairies, qui n’avait jamais été navigable à des fins industrielles, a complètement changé d’aspect. Ce n’était plus une rivière, mais, en réalité, un beau lac profond qui permettait aux amateurs de yachting, qui sont nombreux ici, de s’adonner à leur passe-temps favori.

Bien sûr, la construction a eu un impact considérable sur le paysage de la rivière des Prairies. La célèbre chute Gros-Sault a complètement disparu et plusieurs îles ont été inondées. Le moulin Crochet a également été détruit pendant les travaux. Cependant, malgré tout, le barrage était essentiel pour alimenter en électricité les îles Jésus et Montréal. Les changements apportés au paysage ont donc été acceptés.

Sources :

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